Actualité de l’école

31 octobre 2012 - 25 novembre 2012

Vidéodanse, les trente ans - Cinéma et Vidéo

Foyer - Centre Pompidou - entrée libre
PAR MICHÈLE BARGUES RESPONSABLE DE VIDÉODANSE, CENTRE POMPIDOU

En 1983, tandis qu'Anne Teresa De Keersmaeker dansait Fase dans la Grande salle du Centre Pompidou, un « Ciné Vidéodanse » se tenait pour la seconde fois et faisait naître une manifestation qui devait définitivement s'établir, à partir de 1984, sous le nom de Vidéodanse.
Depuis, plus de 2 500 films ont été présentés au public ; certains à une seule reprise, d'autres devenant parfois des « incontournables » de la manifestation. Si quelques-uns de ces films sont le fruit de l'imaginaire et du savoir-faire des réalisateurs, de leur regard sur l'art de la danse, la plupart constitue la trace du travail des chorégraphes qui ont marqué l'histoire de la danse des trente dernières années : cinq cents chorégraphes ont ainsi participé à cette manifestation et beaucoup continuent aujourd'hui à la faire vivre.

Dès l'origine, on pouvait lire, aux côtés de Georges Balanchine ou Kurt Joos, les noms de Kazuo Ohno, Merce Cunningham, Pina Bausch et Maguy Marin. La programmation, à la fois historique et novatrice, a toujours été ouverte à tous les genres de danse, affirmant son caractère pluriel. En 1983 par exemple, grâce à Vidéodanse, la « nouvelle danse française » représentée par Philippe Decouflé ou Dominique Bagouet, tout comme la vague flamande surgie sous l'impulsion d'Anne Teresa de Keersmaeker, faisaient simultanément leur apparition au Centre Pompidou et sur les scènes hexagonales. En compagnie de ces jeunes créateurs européens, la manifestation contribuait aussi à écrire une histoire de la danse au 20e siècle, avec des pionniers tels Nijinski, Mary Wigman, Martha Graham, et des figures de la postmodernité comme Trisha Brown.
Au cours des années 1990 et 2000, Vidéodanse a poursuivi son travail de défrichage et de valorisation d'un champ chorégraphique s'épanouissant dans toutes les directions, en accueillant des artistes aussi divers que William Forsythe, Jérôme Bel, Raimund Hoghe, Robyn Orlin, ainsi que les expérimentations de Myriam Gourfink, le flamenco d'Israel Galvan, et d'autres danses savantes et populaires du monde entier. Fédérant un large public, ce rendez-vous s'ouvrait aussi bien aux différentes expressions du mouvement hip hop, représentées par l'Allemand Storm, ou aux jeunes Brésiliens de la compagnie de Bruno Beltrao, tout en rendant compte de l'activité d'institutions comme l'Opéra de Paris ou l'École de l'Opéra de Pékin.
Pour cette édition 2012, qui marque son trentième anniversaire, Vidéodanse a souhaité se retourner sur sa propre histoire tout en continuant son travail d'exploration : aux côtés de jeunes chorégraphes Daniel Linehan, Trajal Harrell et Nadia Beugré et parmi quelques trouvailles filmiques – une vidéo insolite où Odile Duboc danse avec Mark Tompkins, un documentaire inédit, réalisé en 1966, sur John Cage et Merce Cunningham… –, ce sont les œuvres et le travail de soixante chorégraphes qui ont fait les riches heures de la manifestation que la programmation invite à retrouver.

< Retours aux actualités